Maurice Druon – Les rois maudits I

Les rois maudits

Je voulais me consacrer sérieusement à la lecture des Rois maudits (Le livre de Poche) : bien assise, munie d’un atlas historique et d’un papier pour faire les croquis des arbres généalogiques (afin d’éviter les hésitations telles que : « Parmi les épouses des fils du roi – Jeanne, Marguerite et Blanche – lesquelles sont les deux sœurs ? » *). Mais j’ai fini dans une position bien plus confortable, complètement happée par la magnifique écriture de Maurice Druon. Passionnant !

J’avoue que dans mon pays d’origine, Robert Merle est beaucoup plus connu et ses livres très appréciés. C’est pourquoi j’ai découvert Maurice Druon assez tardivement. Néanmoins, comme j’aime les romans historiques, je ne pouvais pas passer à côté d’une si belle série. Elle vient d’être publiée chez Plon en intégralité, je possède néanmoins la version poche qui est divisée en 7 volumes (bien plus pratique pour la lecture nocturne au lit !) Dans le premier volume, il est question de la fin du règne de Philippe le Bel (1268-1314). Son combat contre l’Ordre souverain des chevaliers du Temple touche à sa tragique fin. Robert III d’Artois (personnage assez attachant) complote contre sa tante Mahaut dans une importante affaire de succession. Isabelle de France n’hésite pas, depuis ses chambres à la cours d’Angleterre, à intervenir dans l’affaire de l’adultère. Tels sont les piliers principaux du premier tome. Maurice Druon y exploite l’histoire de la malédiction qui aurait été prononcée sur le bûcher par Jacques de Molay, grand-maître de l’Ordre.

Pape Clément !… Chevalier Guillaume !… Roi Philippe !… Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races !…

La lecture de cette saga est très fluide. L’auteur emploie un style simple, élégant ; nous ne sommes pas envahis par une pléthore de détails, pourtant le résultat est très visuel. Je pense notamment aux scènes qui se déroulent dans les rues de Paris – nous avons l’impression d’y être. Ce style visuel pourrait être moins apprécié quand l’auteur s’attaque à la description de la torture, mais bon c’était aussi ça, l’époque ! En ce qui concerne le langage, Maurice Druon a su trouver le juste équilibre : les paroles gardent donc leur cachet de l’époque mais restent très compréhensibles.

Exécrable, Madame, horrifique, répondit Robert d’Artois. Une tempête à rendre les tripes et l’âme. J’ai cru ma dernière heure venue, au point que je me suis mis à confesser mes péchés à Dieu. Par chance il y en avait si grand nombre que le temps d’en dire la moitié, nous étions arrivés. J’en garde assez pour le retour.

Je pense que ces romans pourraient être un véritable atout pour inciter les jeunes à s’intéresser plus à l’histoire : elle y est présentée d’une façon très vivante. Cela permettrait de considérer son passé non pas comme une suite de dates, mais comme un ensemble d’événements, de gens concrets qui agissent, complotent, se battent, s’aiment… Malgré les faits historiques connus, le livre garde véritablement un certain suspense qui nous pousse à tourner les pages… Je ne peux donc pas faire autrement que de donner la recommandation suivante : X achetez-le chez votre libraire X empruntez-le dans votre bibliothèque lisez plutôt autre chose Les rois maudits I – Le roi de fer de Maurice Druon. Le livre de poche, 1973, 249 p.   * la réponse : Blanche et Jeanne

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