Henning Mankell – Les morts de la Saint-Jean

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Il est des policiers qu’on lit avec plaisir, qui néanmoins se laissent assez vite oublier… Et puis, il y en a d’autres qu’on dévore complètement, non seulement grâce à l’intrigue, mais également par la richesse des thèmes et des personnages, et qui restent toujours en mémoire. Les morts de la Saint-Jean, d’Henning Mankell, parus en 2001 au Seuil, appartiennent à cette catégorie. Vous ne connaissez pas encore l’inspecteur Wallander ou ce roman ? Vous avez de la chance, une jolie découverte vous attend !

En lisant la série des Wallander, une première chose frappe le lecteur : l’omniprésence du temps qu’il fait en Suède, qui crée une ambiance si particulière. Que ce soit dans ce livre ou dans les autres, on retrouve souvent ces anecdotes dès le début. Après nous en être rendus compte, nous nous sommes amusés à noter le début de chaque roman – en voici un petit aperçu :

La pluie cessa peu après dix-sept heures. (Les morts de la Saint-Jean)

Le vent décrut en fin de soirée, puis ce fut le calme plat. (La muraille invisible)

Le brouillard. (L’homme qui souriait)

Néanmoins, la description de la Suède ne s’arrête pas au temps qu’il y fait ; Mankell donne souvent la parole à ses personnages pour décrire l’évolution de la société suédoise, avec laquelle il n’est pas tendre. Vous le comprendrez d’ailleurs à la lecture, Mankell (qui écrit également des pièces de théâtre et de la littérature jeunesse) est un auteur engagé socialement.

L’espace d’un instant, Wallander éprouva une gigantesque amertume. Il avait été policier toute sa vie. Il pensait avoir contribué à protéger ses concitoyens. Mais tout avait empiré autour de lui. La violence avait augmenté, durci. La Suède était devenue un pays où les portes fermées devenaient de plus en plus nombreuses.

Enfin, il y a surtout Wallander ! Notre célèbre inspecteur d’Ystad, ville de Scanie dans le sud de la Suède, dont on suit la vie de famille compliquée mais aussi les doutes au fur et à mesure des épisodes ; un policier perspicace et en perpétuelle interrogation… mais avant tout un personnage extrêmement attachant qui apparaît si réel aux lecteurs de Mankell que des touristes viennent à Ystad pour voir le commissariat et demandent à voir l’inspecteur Wallander (et pour tout vous dire, nous avons nous-mêmes hésité à faire un détour par Ystad lors de nos vacances en Suède) !

Qu’en est-il maintenant du roman ? Celui-ci se passe pendant l’été 1996. Dès le premier chapitre, on apprend que trois étudiants se donnent rendez-vous en habits d’époque pour organiser une fête en pleine forêt, à l’abri des regards… mais la fête tourne court : ils sont tous les trois abattus par un tueur. Les parents continuant de recevoir des cartes postales de leurs enfants, ils ne s’inquiètent pas outre mesure de cette absence. Toutefois, l’une des mères a un doute, elle fait pression auprès de la police pour ouvrir une enquête. Wallander a pourtant autre chose à faire : on vient de retrouver son collègue Svedberg, assassiné chez lui. Un cataclysme pour les collègues du policier défunt :

La nuit du 8 au 9 août 1996 fut l’une des plus longues de la vie de Kurt Wallander… Jamais encore il n’avait été affecté si profondément. En forçant la porte de l’appartement de Svedberg, il n’avait aucune idée de ce qui l’attendait. Il redoutait le pire. Mais c’était encore pire que ça.

Rapidement, on découvre des zones d’ombre dans la vie de Svedberg, puis une piste qui semble curieusement lier les deux assassinats. C’est le début d’une traque haletante menée par un Wallander fatigué, qui découvre qu’il souffre de diabète mais ne veut en parler à personne. Tout le commissariat est mobilisé jour et nuit jusqu’au dénouement.

Les morts de la Saint Jean sont le huitième roman de la série des Wallander ; c’est le premier que je lisais. Pour écrire ce court article, je me replongeais pour la seconde fois dans sa lecture avec un plaisir inchangé. Je peux d’ailleurs dire avec le recul qu’il reste mon livre préféré de la série. Chaque roman peut se lire indépendamment des autres, mais il est vrai qu’une lecture dans l’ordre de publication permet de suivre l’évolution de notre inspecteur.

Alors que les vacances viennent de commencer, je n’aurais donc qu’un conseil :

X Courez chez votre libraire et achetez ce livre (aujourd’hui disponible en poche)

allez l’emprunter dans votre bibliothèque

lisez plutôt autre chose

Les morts de la Saint-Jean de Henning Mankell, traduit par Anna Gibson. Seuil Policiers, 2001, 487 p.

 

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