Julia Glass – Jours de juin

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Un petit pavé qui se lit tout seul – voici Jours de juin de Julia Glass (Points). L’histoire d’une famille écossaise et de ses proches au cours du XXème siècle – une très belle découverte.

Le roman est divisé en trois parties et du fait raconté par trois différentes personnes. C’est Paul McLeod qui prend la parole dans la première partie (assez brève, d’une centaine de pages environ). Éditeur d’un journal, père de 3 fils qui, après la mort de son épouse, vend son journal et entreprend une croisière. Finalement, il décide de s’installer en Grèce pour sa retraite.

La deuxième partie, la plus longue et selon moi, la plus intéressante, est racontée par Fenno, le fils aîné des McLeod qui devient vite « notre préféré » (et nous ne sommes pas les seuls). Avec Fenno, on pénètre dans le milieu artistique ; on aménage avec lui sa nouvelle librairie à New York (avec plaisir, car on aimerait aussi en ouvrir une, qui plus est à Manhattan, n’est-ce pas ?).

Je m’aperçus que la librairie était un paradis pour les désœuvrés ou les hésitants, un endroit idéal pour passer l’heure du déjeuner à rêver, un lieu de rencontre pour les amants coupables, une oasis pour les époux malheureux qui voulaient retarder le moment des querelles vespérales.

On suit ses relations complexes avec ses frères, avec ses amis ou conjoints. Homosexuel, solitaire, souvent tenu à l’écart, il a du mal à se faire une place parmi ses frères qui sont tous les deux en couple. Et puis, il y a surtout son ami Mal (Malachy Barns), rédacteur en chef de la critique musicale du New York Times et personnage tantôt haut en couleurs, dont les remarques perspicaces me faisaient sourire, tantôt très triste car mourant, atteint du sida…

 « La vie est imprévisible, c’est évident et ce n’est pas plus mal, m’a dit un jour Mal. Le plus déplorable, c’est qu’elle a un sens de l’humour digne de Wall Street. » Des plaisanteries ineptes à foison.

Pour enchaîner avec la troisième partie, Julia Glass a choisi une femme (dont je ne vais pas dévoiler l’identité!), afin qu’elle nous raconte la suite – j’ai bien aimé son choix surprenant car il lui a permis de nous montrer certaines personnes sous un autre angle et de boucler l’histoire. Il faut quand même que je précise que le roman ne se déroule pas chronologiquement. Sur deux pages on passe facilement d’une étape de vie à une autre, avant de revenir en arrière (par exemple, Paul raconte sa jeunesse, puis il est soudainement veuf tandis que deux pages après, on peut lire un dialogue entre lui et son épouse bien vivante…) – il est préférable d’être concentré pour pouvoir se situer dans le temps, mais malgré les innombrables flashbacks, la lecture n’est pas exigeante ; au contraire, elle reste assez fluide.

Une deuxième chose que je voudrais souligner : la famille des McLeod est écossaise mais pendant la lecture j’ai dû me rappeler plusieurs fois avec étonnement « Nous sommes en Ecosse ! » – peut-être parce que l’auteure est américaine ? Ou peut-être étais-je tellement prise par les histoires personnelles que j’ai négligé le côté écossais ? Pour moi, la famille pourrait être originaire de n’importe quel pays (malgré la présence des collies, chiens de berger).

Oui, les personnages sont le point fort de ce roman – chacun avec ses faiblesses, ses doutes, fragiles, à la recherche de sa voie et de son bonheur. On finit par les adopter tous, Felicity inclus ! (même Véronique – Parisienne désagréable que Mal a surnommé la « Connetesse »…).

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Réf.: Jours de juin de Julia Glass, traduit par Anne Damour. Points, 2008, 654 p.

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