Bergsveinn Birgisson – La lettre à Helga

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A la fin de sa vie, Bjarni Gislason, se décideà écrire une lettre à Helga, la femme qu’il a toujours aimé sans jamais le lui avouer. C’est le sujet de La lettre à Helga, de Birgsveinn Birgisson, auteur islandais, paru chez Zulma. Un petit roman de 130 pages plein de poésie que je vous invite à découvrir…

(ainsi qu’un nouveau label… !)

« Un vieillard impossible qui prend plaisir à raviver de vieilles plaies », voici comment se définit Bjarni au début de sa lettre à Helga. Son épouse Unnur vient de passer de vie à trépas après cinq ans d’agonie et le vieil homme sent le besoin de se confier à Helga. Bjarni était contrôleur du fourrage au niveau cantonal et éleveur de moutons ; il est profondèment marqué par ce milieu et c’est ainsi qu’il apostrophe sa bien-aimée, la belle Helga, la fille « aux seins lourds », avec laquelle on apprend qu’il vécut une véritable passion :

Où en étais-je déjà? Ah oui. Tu t’en souviens mieux que moi, ma Belle, quand nous avons transporté en barque les brebis en chaleur jusqu’à la grève à varech et que nous avons essayé de les faire saillir par le bélier d’Ingjaldur.

(…) Te voir nue dans les rayons de soleil était revigorant comme la vision d’une fleur sur un escarpement rocheux. Je ne connais rien qui puisse égaler la beauté de ce spectacle. La seule chose qui me vienne à l’esprit est l’arrivée de mon tracteur Farmall.

Ne vous fiez pas à ces courts passages ; Bjarni est plus qu’un simple paysan. Impliqué dans la société de lecture, son récit est sensible, son sens de l’observation fin. Au fil du récit, Bjarni tente de justifier ses choix, parlant de sa vie, de ce dont il fut fier, de ses regrets, au premier rang desquels figure cette relation qui prit fin pour une raison qui sera dévoilée progressivement. J’ai beaucoup aimé certains passages comme celui-ci par exemple :

J’ai fantasmé pour combler les lacunes de mon existence, compris que l’être humain peut faire de grands rêves sur un petit oreiller.

De plus, au fil de la lettre, c’est tout un univers qui s’ouvre à nous : celui d’une vie âpre au milieu d’une nature souvent hostile (où l’on lavait par exemple il y a encore peu de temps le linge avec de l’urine fermentée, faute de savon), celui d’un pays en pleine transition, où des fermes sont laissées progressivement à l’abandon.

On souffre enfin jusqu’au bout avec Bjarni qui avoue à Helga l’avoir aimée « pour vivre en fin de compte dans la souffrance et l’absence d’amour planifiée ».

Désormais disponible en poche chez Points à un prix modique, voici donc mon conseil :

X Achetez-le chez votre libraire (et offrez-le à vos amis)

X ou allez l’emprunter dans votre bibliothèque

lisez plutôt autre chose

A cette période de rentrée, les plus sensibles d’entre nous commencent parfois à s’inquiéter : bientôt Noël et avec lui la tâche compliquée de dénicher quelques titres dans les librairies pour les offrir. Ne nous affolons pas ! Pour donner des idées de cadeaux, nous mettons en place le label LIVRE A OFFRIR. Le premier titre à porter fièrement cette mention est La lettre à Helga. Pour en savoir plus, rendez-vous ici.

Réf.: La lettre à Helga, de Birgsveinn Birgisson, traduit par Catherine Eyjolfsson. Zulma, 2010, 480 p.

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