Marc Elsberg – Black-out

Elsberg

Rome, Berlin, Amsterdam… Le courant électrique cesse d’alimenter le vieux continent par une froide soirée d’hiver. Ce qui semble être d’abord une défaillance technique va très rapidement se révéler être une attaque ciblée et faire sombrer toute l’Europe dans l’anarchie. Avec Black Out, Marc Elsberg nous livre non seulement un véritable thriller, mais également une analyse de notre société et de sa vulnérabilité…

Des accidents de circulation provoqués par le non-fonctionnement des feux tricolores, l’impossibilité de faire le plein, de payer par carte : voici les premières avaries que connaissent les principaux protagonistes de Black-out.

Dès le départ, le rythme est donné : on part d’une ville européenne à une autre, chaque histoire ne couvrant que quelques pages, on fait la connaissance de plusieurs personnages que l’on va suivre à travers tout le roman. Qu’il s’agisse de jeunes qui se dirigeaient vers une station de ski ou encore d’un ingénieur rappelé en pleine nuit pour faire une vérification sur une centrale nucléaire en France, on voyage entre les pays qui commencent à être touchés…

Toutefois, c’est bientôt toute l’Europe qui finit par succomber à ces pannes électriques. Or, sans électricité, plus de lumière certes, mais également plus de sanitaires qui fonctionnent (je vous laisse imaginer les problèmes d’hygiène), plus d’eau courante ; des aliments qui dépérissent dans les frigos et des chauffages inopérants en hiver. L’escalade des problèmes et des tensions est bien rendue par Marc Elsberg qui non seulement découpe en scénettes son récit mais donne également à chaque chapitre le nom du jour à partir de ce black-out (« Jour 0 – vendredi »). Jusqu’où ira ce décompte ? Je vous laisse le découvrir.

L’auteur s’est documenté, c’est indéniable. Il n’oublie pas d’aller loin dans sa description des conséquences : de l’impossibilité de traire les vaches par exemple (qui conduira à la mort de nombreux animaux), de la désorganisation des hôpitaux et du ravitaillement, à l’augmentation des fréquences électriques qui provoquent par ricochet des problèmes de refroidissement sur les centrales nucléaires… C’est plus généralement une réflexion sur l’hyper connectivité et l’omniprésence de la technique qui s’offre au lecteur :

La cause de la rupture est maintenant sans équivoque : les systèmes IT. Précisément ceux qui sont dédiés à la production, à la distribution et au transport d’énergie. Ce sont eux qui devaient jouer un rôle prédominant lors de la mise en place globale des smart grids au cours des années à venir.

A ce titre, l’auteur a reçu le Prix du livre scientifique allemand pour ce livre. Pour le reste, c’est un thriller de bonne facture. Par moments, quelques incohérences ou grosses ficelles autour des personnages, mais sans gâcher le plaisir de lecture néanmoins. Quoi qu’il en soit, c’est avant tout pour l’intérêt de la réflexion suscitée que je conseille cet ouvrage. Dans sa post-face, Marc Elsberg noue confie d’ailleurs :

Si Black-out, en plus de quelques heures captivantes, pouvait vous transmettre quelques connaissances ou n’être qu’une petite incitation à réfléchir, je m’en réjouirais.

Mission accomplie !

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lisez plutôt autre chose

«Black-out. Demain il sera trop tard» de Marc Elsberg, traduit de l’allemand par Pierre Malherbet. Piranha, 477 p

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