Jacques A. Bertrand – Comment j’ai mangé mon estomac

Bertrand

Voilà un petit livre, gentiment prêté par ma collègue Nelly, qui est resté en bonne position dans ma table de chevet, attendant son heure. Le titre si particulier, Comment j’ai mangé mon estomac (éditions Julliard), ne m’a pas séduit d’emblée. Et puis, en le lisant enfin lors d’un déplacement, je découvre un style très élégant, drôle, ironique, capable de traiter d’un sujet pourtant très grave : le cancer. Un cancer vécu lui-même par son auteur, Jacques A. Bertrand.

Jacques A. Bertrand était pour moi jusqu’à ce jour un illustre inconnu. Né en 1946, journaliste, son oeuvre est riche de plus d’un vingtaine d’ouvrages dont Le pas du loup, qui reçut le prix de Flore en 1995.

Que se passe-t-il donc dans la vie de Jacques A. Bertrand ? Un gastro-entérologue, le docteur So, lui diagnostique un cancer de l’estomac… mais oubliez le pathos car dès le début, c’est l’humour qui prend le dessus dans cette histoire :

So est également très performant sur un court de tennis. Très sérieux quand il mène aux points, il est connu pour se mettre à sourire dès qu’il pense qu’il va perdre la partie. Aussi n’appréciai-je que modérément de le voir sortir les résultats de ma biopsie en souriant comme un bienheureux.

L’auteur nous raconte le périple que fut le sien et que partagent les patients atteints du même mal ; on y découvre les rendez-vous chez les spécialistes (au docteur So, succède le professeur Po, ou encore Madame Bo !), les salles d’attente les interventions chirurgicales, la chimiothérapie, les visiteurs…

Tout le monde – y compris ceux qui avaient pronostiqué que je ne m’en sortirais pas – va s’employer à me trouver « bonne mine ».

Le tout d’une façon certes oblique et décalée, mais très juste, sensible, avec une certaine pudeur de l’auteur, qui n’insistera pas sur sa souffrance personnelle.

Alors me direz-vous ? Coup de cœur ? Et bien, pas tout à fait. Si j’ai été séduit par ce style, cet humour, cette qualité d’écriture, l’intensité de ce récit bref, la prise de recul de l’auteur par rapport à sa propre souffrance ou son expérience a eu également pour effet de maintenir une légère distance entre le livre et moi. Je vous conseille néanmoins de vous faire votre propre opinion en :

l’achetant chez votre libraire ou bouquiniste

X allant l’emprunter dans votre bibliothèque

lisant plutôt autre chose

Réf : Comment j’ai mangé mon estomac, de Jacques A. Bertrand. Julliard. 2014, 112 p.

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