Pierre-Etienne Musson – Un si joli mois d’août

MussonAvec les commémorations du centenaire, la 1ère Guerre Mondiale se trouve mise en avant, notamment du côté de la littérature : on pense en premier lieu à Au revoir là-haut de Pierre Lemaître qui, à travers l’histoire d’Albert et d’Edouard et de leur escroquerie aux monuments aux morts, traitait de la difficile après-guerre. Dans son premier roman Un si joli mois d’août paru aux Editions Denoël en 2016, Pierre-Etienne Musson, journaliste à l’Express, nous fait quant à lui suivre l’histoire d’Antoine Richerand, instituteur en Sologne, parti combattre l’ennemi en 1914.

Antoine Richerand est instituteur à Nouan-le-Fuselier lorsqu’éclate la 1ère Guerre Mondiale. Sous-lieutenant dans le 331ème régiment d’infanterie, il est promu lieutenant dès la première vraie journée de bataille, le 22 août 1914, durant laquelle 1900 des 2236 hommes du régiment perdent la vie ou sont manquants. Sa femme Inès vit dans l’angoisse de l’attente.

Très rapidement, en raison de la construction du roman (alternance de 3 récits : 1914, juillet 1915 et 1916), on sait qu’Antoine a eu la joue droite transpercée par un obus. Gueule cassée, il est rapatrié à Paris et son épouse lui rend visite quotidiennement. Estropié, traumatisé par l’expérience de la guerre, il n’est plus l’homme qu’il a été, et Inès se met à rêver d’une autre vie.

On se laisse porter par ce roman très bien écrit, qui traite de nombreux sujets. En premier lieu la guerre bien sûr, ses atrocités, son influence sur la vie des protagonistes (notamment les femmes restées seules qui doivent subvenir aux besoins de la famille) et sur leur transformation (Antoine, l’instituteur, devient un tireur d’élite redouté dans les tranchées). Une guerre qui ne laisse aucun répit, même pendant les permissions :

Antoine avait gardé ses habitudes de la tranchée, les sens constamment en éveil, sursautant au moindre bruit, dormant d’un sommeil haché, bondissant du lit en sueur au moindre grincement de parquet ; lorsqu’ils s’étaient promenés dehors, sur les chemins de Sologne, elle avait remarqué qu’il marchait constamment les épaules courbées, la tête rentrée pour ne pas dépasser de la hauteur des haies qui bordaient les chemins, terrorisé à l’idée d’exposer sa tête à un tireur ennemi.

Il y est également question de la chirurgie réparatrice qui réalise alors de grands progrès, permettant de reconstruire les visages défigurés ou encore d’une technique de soin des maladies mentales qui m’était inconnue et qui fait froid dans le dos : le torpillage électrique. Le responsable de l’hopital partait en effet du principe que les malades sont des simulateurs. « Grâce » à ce traitement par courant électrique réalisé avec l’assentiment de l’Etat-Major, les vrais simulateurs étaient renvoyés au front, mais à quel prix…

Ainsi, grâce à la richesse des sujets mais aussi à l’attachement qu’on développe envers les personnages, je vous conseille de :

X l’acheter chez votre libraire

X l’ emprunter dans votre bibliothèque

lire plutôt autre chose

Un si joli mois d’août, de Pierre-Etienne Musson. Denoël, 2016. 448 p.

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2 réflexions sur “Pierre-Etienne Musson – Un si joli mois d’août

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