Elena Ferrante – Le nouveau nom

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Le temps est enfin venu de vous parler du Nouveau nom – le 2ème tome de la saga écrite par Elena Ferrante, auteure italienne dont la vraie identité reste un mystère pour le public. Si son nom ne vous dit rien malgré l’abondante couverture médiatique, je vous invite à regarder de préférence la chronique où je parle du premier volet (L’amie prodigieuse) afin que j’évite de vous dévoiler les détails de l’histoire.

Tandis que dans la première partie, il est question de l’enfance dans les années 50, le deuxième tome dirige toute notre attention vers le passage à l’âge adulte des deux protagonistes principales : Elena et Lila. On est dans les années 60, toujours à Naples et on retrouve les deux filles exactement là où on les avait laissées, c’est-à-dire après le mariage de Lila.

L’union avec Stefano Carracci, dont le père s’est enrichi grâce au marché noir, va considérablement transformer le personnage de Lila, ainsi que le cours de sa vie. Comme on s’en doute dès le départ, la jeune femme (âgée de 17 ans) va vite descendre de son nuage. Son parcours nous est raconté par Elena qui prendra quant à elle une toute autre direction et se lancera dans des études.

Ce jour-là, en revanche, je vis très clairement les mères de famille du vieux quartier. Elles étaient nerveuses et résignées. Elles se taisaient, lèvres serrées et dos courbé, ou bien hurlaient de terribles insultes à leurs enfants qui les tourmentaient. Très maigres, joues creuses et yeux cernés, ou au contraire dotées de larges fessiers, de chevilles enflées et de lourdes poitrines, elles traînaient sacs à commissions et enfants en bas âge, qui s’accrochaient à leurs jupes et voulaient être portés.

Les problèmes de Lila et d’autres femmes du livre sont aussi une occasion de démontrer le statut d’épouse dans les années 60 en Italie. Prisonnières d’une union qu’on ne pouvait dissoudre que très difficilement, sous le poids des traditions et des obligations conjugales, souvent exposées à des violences des leurs maris…

La peau autour de son œil était d’une couleur jaunâtre et sa lèvre inférieure n’était qu’une tache violette parcourue de stries rouge vif.

Elle avait expliqué à sa famille et à ses amis qu’elle était tombée sur des rochers (…). Pendant le repas de fiançailles de son frère et de Pinuccia, elle avait eu recours, en racontant ce mensonge, à un ton ironique, et tous l’avaient cru de manière tout aussi ironique, surtout les femmes qui savaient depuis toujours ce qu’il fallait dire quand des hommes qui les aimaient et qu’elles aimaient les frappaient durement. Qui plus est, pas une personne dans le quartier, surtout de sexe féminin, n’était sans penser qu’elle méritait une bonne correction depuis longtemps. Ces coups ne provoquèrent donc aucun scandale, au contraire la sympathie et le respect envers Stefano ne firent que croître : en voilà un qui savait se conduire en homme !

L’auteure continue également à explorer la condition sociale dont les deux filles essaient tant bien que mal de sortir. Quitter leur quartier, vivre, apprendre. Mais chacune se heurte à son passé, à ses racines : Lila qui se trouve dans une sorte de cage dorée avec un époux qu’elle méprise, et Elena qui est confrontée pendant ses études à des familles aisées et éduquées – image très éloignée de celui de ses parents – doit lutter contre son sentiment d’infériorité.

Et puis, en guise de troisième point, il ne faut pas oublier l’amour et la passion qui vont faire tourner les têtes et vibrer les corps de plusieurs jeunes protagonistes au cours de ce fameux été à Ischia…

Quand on se met à lire une saga, on appréhende toujours la suite par peur que le récit s’essouffle… J’ai été ravie de retrouver toutes les personnages, même ceux qui sont plutôt secondaires, et je me suis avec un grand plaisir plongée dans la vie de ce quartier. Un seul petit bémol : j’ai trouvé toute la partie qui se déroule à Ischia un peu longue, voire répétitive. Je pense qu’elle aurait mérité d’être un peu allégée.

Mais, pour être honnête, j’attends le troisième volet avec encore plus d’impatience !

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Le nouveau nom (L’amie prodigieuse – II) d’Elena Ferrante, traduit par Elsa Damien. Gallimard, 2016, 554 p.

Pour celles et ceux qui hésitent encore, rendez-vous sur le blog de Luocine pour lire son avis sur le livre.

 

 

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2 réflexions sur “Elena Ferrante – Le nouveau nom

  1. Pingback: Elena Ferrante – Celle qui fuit et celle qui reste – Et si on bouquinait un peu ?

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