Lionel Salaün – La terre des Wilson

Salaun

Destination les Etats-Unis aujourd’hui autour du livre de Lionel Salaün, La terre des Wilson, parue récemment aux Editions Liana Levi. A l’instar du roman de John Steinbeck, Les raisins de la colère, c’est la grande dépression des années 30 qui sert d’ici de cadre à ce roman. En route donc pour l’Oklahoma à la rencontre de la famille Wilson  !

Nord de l’Oklahoma, 1935. Dick Wilson revient dans la ferme de son père au volant d’une grosse voiture, 15 ans après l’avoir quitté précipitamment. Dans un paysage ravagé par la sécheresse et la désertification, de nombreuses questions vont jalonner le livre : quelles sont les vraies raisons de son retour, que s’est-il passé pendant les 15 années d’absence et à travers cela, comment a-t-il pu s’enrichir de cette façon ?

L’un des grands mérites du livre est de très bien retranscrire l’atmosphère du pays dans les années 30. Comme dans le livre de Steinbeck, ce sont les tempêtes de sable (« Dust bowl ») provoquées par l’érosion et la sécheresse, qui vont pousser nombre de ruraux à quitter leur terre :

« D’accord, c’est pas une tornade », admit-il à l’intention du barbier qui, les paupières plissées, semblait subir de plein fouet la bourrasque qui plaquait aux formes généreuses d’une jeune femme en passe d’atteindre l’autre côté de la rue les pans fleuris de sa robe. « N’empêche que je n’ai jamais rien vu de pareil… »

Le contexte ne se limite pas à cela ; la crise de 1929 n’est pas loin et des gens vivent dans des camps de fortune en attente du moindre emploi. Une nouvelle ruée vers l’or attire des prospecteurs dans la région. Enfin, c’est sous l’influence de la Prohibition que s’est développée une économie parallèle qui a permis à certains Américains de s’enrichir. Cette interdiction a été depuis levée dans de nombreux Etats, mais pas dans l’Oklahoma :

Il faut dire que depuis l’entrée en vigueur du Volstead Act, le 16 janvier 1920, mettant officiellement l’Amérique au régime sec, la plus grande partie des millions de pintes d’alcool fort et de spirituex vendues illégalement à Oklahoma City, ainsi que dans le sud et l’est de l’Etat, l’avait été par Jack « Blackhorn » Spencer dont l’épaisse silhouette, toujours accolée dans les journaux à celle, fluette, du Maire, en sa qualité d’adjoint et de principal soutien, était devenue familière à ses concitoyens.

Nous suivons ainsi l’histoire de Dick Wilson dans ce contexte. Néanmoins, hormis l’ambiance et le contexte historique très bien restitués, un vrai suspense dans les dernières pages, je suis resté un peu sur ma faim en raison de la brièveté du roman (environ 200 pages) qui ne permet pas de creuser davantage la personnalité des protagonistes. Et c’est peut-être là la faiblesse du roman à mon sens. On embarquerait volontiers pour quelques centaines de pages supplémentaires…

En conclusion,

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Réf : La terre des Wilson, de Lionel Salaün. Editions Liana Levi. 2017, 200 p.

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