Charles Ferdinand Ramuz – La grande peur dans la montagne

Aujourd’hui, je me mets en quelque sorte dans la peau d’un maraîcher qui déposerait des tomates sur ses étals au mois d’avril car je vais vous présenter un livre qui est également légèrement hors saison ! Mais sait-on jamais, peut-être y en a-t’il parmi vous qui voudraient jeter un dernier regard vers l’hiver et partir dans les montagnes suisses… ? Si oui, en route avec Charles Ferdinand Ramuz et La grande peur dans la montagne.

C’est que tu as voulu, Président, t’attaquer à plus fort que toi…

Dans ce roman, l’auteur fait revivre un village suisse au début du XXème siècle. Ici, le Président (imaginons un maire de notre époque) et quelques habitants plutôt jeunes décident d’ignorer une histoire ancienne et souhaitent exploiter un alpage d’altitude malgré les protestations des aînés qui se souviennent encore… Finalement, une petite équipe est choisie, constituée entre autres d’un maître fromager et de son neveu, du vieux Barthélemy (qui prend la malédiction très au sérieux) ou du jeune Joseph qui a besoin d’argent tout simplement. Et on s’installe là-haut avec des vaches… Puis la maladie va frapper le bétail… Et les rumeurs courent et la peur s’installe…

Il faut comprendre qu’on n’a guère ici pour vivre que le bétail. On n’a point de vignes, par ici; on vit des bêtes. On n’a point de blé par ici, rien qu’un peu de seigle et pas beaucoup, juste ce qu’il nous en faut pour faire notre pain; à peine si on a des légumes et des fruits : on vit de lait, on vit de viande; on vit de lait, de petit-lait, de fromage maigre, on vit de beurre; même le petit peu d’argent bon à mettre dans sa poche qu’on peut avoir vient du bétail.

C’est effectivement un air d’antan qui souffle dans ces pages, grâce à la langue employée, à la psychologie des personnages et aux descriptions de la nature. Le style d’écriture est original – j’ai un peu du mal à trancher, car par moment il m’a enthousiasmée, par moment agacée. Néanmoins, les nombreuses répétitions de mots aident à créer une ambiance pesante, à faire ressentir le malheur qui va (on le sens dès le départ) s’abattre sur le village, à souligner l’immensité de la montagne face aux Hommes.

J’ai apprécié notamment les villageois, parfois naïfs comme Joseph avec son amoureuse Victorine qui se soucie de bien préparer les couronnes de fleurs pour les vaches afin de les accompagner au départ du village. Parfois calculateur comme le Président qui veut décider du haut de sa fonction, mais cherche toujours à être couvert dans ses décisions (assez intemporel comme personnage !). Ou alors sombre et louche comme Clou…

Une figure toute plissée, couleur de peau de jambon, de couenne de lard, la barbe plus large que longue et semblable à de l’herbe sèche, des petits yeux, un tout petit nez, une bouche qu’on ne voyait pas (et on n’en devinait la place qu’à la direction qui prenait le tuyau de la pipe en s’enfonçant sous la moustache).

Et au-dessus de tout le monde cette montagne, fière, imprévisible qui inspire le respect, qui crée une ambiance de peur et de superstition…

Toujours envie d’une sortie montagnarde ? Je vous invite à

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La grande peur dans la montagne de Charles Ferdinand Ramuz. Le livre de poche. 1975. 186 p.

 

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