Glendon Swarthout – Bénis soient les enfants et les bêtes

Et si l’on vous envoyait, à l’age de l’adolescence, dans un camp de vacances dans l’Arizona ? A votre avis, vous atterririez plutôt dans la tribu des Apaches, Sioux, Comanches, Cheyennes, Navajos ou… des Pisseux ? Ce sont justement les garçons du dernier groupe que nous allons accompagner dans ce beau roman initiatique aux allures de western – Bénis soient les enfants et les bêtes de Glendon Swarthout !

Ce sera comme une opération de guérilla, prononça-t-il, ou une sorte de patrouille, ou quelque chose de ce genre.

Ces six garçons entre 13 et 16 ans ont été expédiés dans l’Arizona par leurs parents pour être endurcis, pour devenir adultes et surtout « normaux »… mais aussi pour avoir la paix ! Issues des familles aisées et pas vraiment stables, ils ne sont résistants ni physiquement ni au niveau émotionnel, chacun ayant derrière lui une histoire plus ou moins mouvementée (elles nous sont présentées par petits portraits au cours du livre). Tout naturellement, les garçons vont former une équipe qui ne va pas vraiment briller dans les compétitions… Puis un jour, ils font une expérience traumatisante (moi non plus, je n’y suis pas restée insensible, car décrite de telle façon par l’auteur que les images me hantent encore) et décident ensuite de prendre les choses en main et d’entrer en action.

Ils n’osaient pas en discuter. Tels des animaux blessés, chacun avait suivi en silence son chemin parmi les arbres, traînant les pieds, évitant les autres, profitant de l’abri offert par le crépuscule.

Le livre est le récit de la nuit durant laquelle ils vont aller au-delà de leurs limites pour accomplir une incroyable mission coûte que coûte. C’est le récit de la transformation de petits garçons tels qu’on les a rencontrés au crépuscule pour devenir de vrais cow-boys à l’aube. On ressent une vraie complicité avec les garçons, leurs péripéties sont racontées avec beaucoup d’empathie ; s’y entremêlent habilement humour, poésie ou nostalgie.

Ici, un phénomène étrange se produisait parmi les pins. Alors que le vent expirait dans un cul-de-sac du canyon et que, dans son sillage, l’air devenait calme et immobile, les arbres continuaient de bouger. Ils frémissaient encore sous l’effet des rafales disparues, le murmure du deuil. Ils étaient tristes. Ils semblaient pleurer le souvenir du vent.

Et que dire de la fin du livre… ? Je vous conseille chaudement

X d’acheter le livre chez votre libraire

X ou de l’emprunter dans votre bibliothèque

de lire autre chose

Bénis soient les enfants et les bêtes de Glendon Swarthout. Traduit par Gisèle Bernier. Gallmeister, 2017, 172 pages.

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12 réflexions sur “Glendon Swarthout – Bénis soient les enfants et les bêtes

  1. Je vais noter ce livre dans ma whish list, je suis assez méfiante au niveau de cette édition après ma déconvenue avec Fay de Larry Brown mais j’aime les thèmes abordés dans le roman que tu présentes. Et puis les couvertures sont sublimes aussi.

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    • Je suis en train de découvrir petit à petit cette maison d’édition et jusque-là c’est un sans faute ! Je peux te conseiller Kim Zupan « Les arpenteurs », James Dickey « Délivrance » ou Larry Watson « Montana 1948 ». J’en ai aussi parlé sur le blog, si tu as envie de lire quelques extraits. Et puis il y a William G. Tapply aussi, bien sûr !
      J’ai acheté Fay récemment, pour instant je n’ai lu que des avis positifs, affaire à suivre alors !

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  2. L’histoire a l’air très sympathique, j’aime bien ce genre de texte se déroulant sur un temps court, ça apporte du dynamisme au récit. Et puis après avoir découvert les Cheyennes avec Mille femmes blanches, j’ai bien envie de découvrir les Pisseux ^^

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