Georges Simenon – Le chien jaune

Maigret.JPGQue diriez-vous aujourd’hui d’une petite enquête du commissaire Maigret ? Dans Le chien jaune, le commissaire est dépêché dans la ville de Concarneau où un homme, sortant de l’hôtel de l’Amiral, est visé par un coup de fusil. Ce fait divers est le début de toute une série d’agressions semblant viser un petit groupe de personnes. La ville a peur, la tension monte et Maigret est sommé par le maire de trouver de toute urgence l’assassin. Bienvenue dans l’univers de Georges Simenon !

S’il est quasiment inutile de présenter Georges Simenon, rappelons néanmoins qu’il fut l’auteur de 193 romans et 158 nouvelles et qu’il est à ce jour l’auteur belge le plus traduit dans le monde. Son héros le plus célèbre demeure le commissaire Maigret, incarné  sur le petit écran par Jean Richard et Bruno Crémer.

Dans « Le chien jaune » (publié en 1931), Maigret est appelé en renfort pour élucider une tentative d’assassinat sur un dénommé Mostaguen. Il s’installe à l’hôtel de l’Amiral de Concarneau, d’où sortait d’ailleurs la victime le soir de la tentative d’assassinat. Servières, le docteur Michoux, Le Pommeret – des amis de Mostaguen – fréquentent régulièrement les lieux. A peine Maigret arrivé, ils sont frappés par une tentative d’empoisonnement.

Rapidement, on identifie la présence menaçante d’un chien jaune sur les lieux où se passe un méfait. L’ambiance est lourde, menaçante, et ce d’autant plus que la cité finistérienne est balayée par des tempêtes durant ce mois de novembre. C’est cette ambiance qui m’a d’emblée beaucoup plu ; mais il y a également bien sûr la personnalité des protagonistes, notamment Maigret, qui tranche avec celle de l’adjoint qu’on lui a flanqué, l’inspecteur Leroy, formé aux techniques modernes :

« Où allons-nous ? », questionna l’inspecteur.

Maigret haussa les épaules, erra un quart d’heure durant autour des bassins, en homme qui s’intéresse aux bateaux. Arrivée près de la jetée, il tourna à droit, prit un chemin qu’un écriteau désignait comme la route des Sables Blancs.

« Si on avait analysé les cendres de la cigarette trouvées dans le corridor de la maison vide… commença Leroy après un toussotement.

_Que pensez-vous d’Emma? l’interrompit Maigret.

_Je… je pense… La difficulté, à mon avis, surtout dans un pays comme celui-ci, où tout le monde se connaît, doit être de se procurer une telle quantité de strychnine…

_Je ne vous demande pas cela… Est-ce que, par exemple, vous deviendriez volontiers son amant?… »

Maigret parle peu, observe, s’installe au milieu de la population et des gens fréquentant l’hôtel de l’Amiral, fait confiance à son intuition. Faisant preuve d’un certain mutisme durant le début de l’enquête, il est mis sous pression par le maire qui lui demande des résultats, ce qu’il n’a pas l’air d’apprécier :

Et j’ajouterai, monsieur le maire, avec tout le respect que je vous dois, que quand je prends la responsabilité d’une enquête, je tiens avant tout à ce qu’on me f… la paix !

L’intrigue est certes simple, mais peuplée de rebondissements, et petit à petit, les fils se délient. Ce qui semble évident pour Maigret ne l’est pas encore pour nous, jusqu’à ce qu’il dévoile, devant les éventuels suspects, les clés de l’histoire.

Un vrai plaisir de lecture, une invitation à redécouvrir Simenon à titre personnel !

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Le chien jaune, de Georges Simenon. Presses Pocket, 1991, 190 pages.

Cette lecture s’inscrit dans le cadre du défi littéraire d’avril de Madame lit, consacré à la littérature belge, mais aussi dans Le mois belge d’Anne et Mina, ainsi que le challenge Voisins Voisines 2018.

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11 réflexions sur “Georges Simenon – Le chien jaune

  1. De Simenon, je n’ai lu que « Le bourgmestre de Furnes » et je me souviens d’avoir aimé les descriptions du quotidien. Il possède l’art du détail! Un regard précis qui charme le lecteur. Je note la chronique et je la présenterai dans mon bilan d’avril. Au plaisir!

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  2. Moi aussi je n’ai lu qu’un Simenon, Les fiançailles de monsieur Hire, mais j’ai vraiment aimé la capacité d’observation et de descriptions des moeurs, des psychologies, d’une société un peu inhabituelle pour moi. Le prochain sera peut-être un Maigret!

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