Jean-François Dauven – Ceux qui marchent dans les villes

DauvenDix villes européennes, comme autant de chapitres, le tout dans un été caniculaire. Voici le cadre du livre de Jean-François Dauven, Ceux qui marchent dans les villes. Si les différentes histoires ressemblent davantage à des nouvelles, elles commencent à s’entrecroiser au fur et à mesure du récit… Cela vous dit ?

« Ceux qui marchent dans les villes » est le 3ème ouvrage écrit par l’écrivain belge Jean-François Dauven. Les deux premiers, « Le manuscrit de Portosera-la-rouge » et « Le Soliste », qui ont eu un réel succès et sont disponibles en poche, prenaient place dans la ville imaginaire de Portosera, qui fait également partie des dix villes retenues dans ce livre, à côté de Bruxelles, Paris, Lisbonne, Rome…

La première chose qui interpelle est la capacité de l’auteur à décrire l’ambiance des villes traversées par les protagonistes. Il suffit de quelques lignes pour errer soi-même à Oviedo, à Séville ou encore à Prague :

La ville dentelle l’horizon. Des siècles entiers se dressent dans chaque dôme, chaque clocher dont le soleil du matin découpe la silhouette. Trouver sa place ici, c’est déjà entrer dans l’histoire. Les premiers tramways commencent à rouler, les premiers passants, rares, battent le pavé. Entre eux circule comme un fluide invisible, ce sentiment d’héroïque connivence que partagent ceux qui se lèvent tôt.

Jérôme s’est exilé à Lisbonne pour expier une faute qu’il a commise envers une certaine Marie ; reste à savoir laquelle… Salvatore, gérant d’une entreprise de machines à café haut de gamme, habite dans un appartement surplombant un superbe marché de la capitale italienne, et évoque son ancienne femme, Myriam, que l’on retrouvera quelques chapitres plus tard… à Prague. Arnaud travaille pour les institutions européennes et cherche à séduire Sarah en aidant son frère chef d’orchestre, grâce à un projet européen :

Sarah n’aurait jamais dû parler. Elle s’emballe toujours quand elle évoque Samuel. Elle a compris trop tard quel genre d’homme était Arnaud, de ceux qui aiment ce qu’on aime dans l’espoir d’être aimés, qui épousent les enthousiasmes dans l’espoir d’épouser les gens.

Voilà l’univers de quelques personnages, souvent attachants (comme ces hommes n’arrivant pas à exprimer leurs sentiments), qui peuplent le livre et arpentent le pavé des villes européennes. En plus de l’ambiance, c’est l’écriture de Dauven qui se laisse déguster, à l’image du café, un des fils rouges de ce livre.

J’ai vraiment savouré ces histoires, en suivant de près les recoupements qui commençaient à s’opérer et à « boucler la boucle ». Ils arrivent de façon subtile, par touche, mais c’est là que réside finalement la frustration qui m’a habité lorsque je refermai le livre ; un sentiment d’inachevé, de rester dans la suggestion alors que j’avais cru comprendre en lisant la 4ème de couverture qu’elles seraient complètement associées. Je trouve que l’auteur s’arrête un peu en chemin.

Ceci étant dit, en écrivant cette chronique, j’avoue m’être replongé avec plaisir dans ce livre ; je vous conseille donc de :

l’acheter chez votre bouquiniste

X l’emprunter dans votre bibliothèque

ne pas le lire

Ceux qui marchent dans les villes, de Jean-François Dauven. Flammarion, 2009, 312 pages.

Cette lecture s’inscrit dans le cadre du défi littéraire d’avril de Madame lit, consacré à la littérature belge, mais aussi dans Le mois belge d’Anne et Mina, ainsi que le challenge Voisins Voisines 2018.

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11 réflexions sur “Jean-François Dauven – Ceux qui marchent dans les villes

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