Stendhal – Le Rouge et le Noir

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Place aujourd’hui à un classique de la littérature française : Le Rouge et le Noir de Stendhal. Un livre que j’ai découvert à l’adolescence et qui a été l’un de ceux qui m’ont vraiment donné l’amour de la lecture. Allons donc retrouver sans plus tarder Julien Sorel, Mme de Rênal, Mathilde de la Mole !

Le roman étant très connu, je me permettrai donc de le résumer rapidement ! Julien Sorel est un jeune homme de dix-neuf ans lorsque s’ouvre l’histoire. Fils d’un charpentier, il se distingue du reste de la fratrie par sa sensibilité, son imagination que vient alimenter la lecture des Confessions de Rousseau, mais surtout du Mémorial de Sainte-Hélène. Très ambitieux, fasciné par Napoléon, il se destine au séminaire. On suit dans ce livre le parcours de Julien, rentré tout d’abord au service du maire bourgeois de la ville de Verrières, Monsieur de Rênal, dont il séduit l’épouse avant de passer par le séminaire et de rencontrer celle qui sera sa deuxième amante, Mathilde de la Mole. Un parcours de plusieurs années qui se déroule dans la France de la Restauration.

Si vous n’avez encore jamais lu Le Rouge et le Noir, voici donc quelques raisons de le faire :

  • les personnages principaux, en premier Julien et ses deux maîtresses, sont passionnants. Véritable roman psychologique, Le Rouge et le Noir s’attarde longuement sur les pensées, les états d’âme du héros du livre, Julien, qu’on accompagne donc pas à pas. Malgré son ambition, les calculs qu’il fait pour arriver à ses fins (dès le début, il apprend par cœur Le Nouveau Testament, non pas en raison de sa foi, mais parce qu’il sent que le curé peut lui ouvrir des portes), il est également timide, sensible et attachant. On ne peut s’empêcher de se dire qu’il est né quelques années trop tard ; l’époque napoléonienne lui aurait apporté ce que sa fougue exigeait. A côté du caractère maternel de Mme de Rênal, Mathilde offre un côté exalté si bien décrit par Stendhal :

Elle abhorrait le manque de caractère, c’était sa seule objection contre les beaux jeunes gens qui l’entouraient. (…) Mademoiselle de La Mole ravie ne songeait qu’au bonheur d’avoir été sur le point d’être tuée.

  • l’histoire d’amour (ou plutôt de la conquête) qui le lira à Louise et Mathilde. . A chaque fois, c’est un combat de séduction qui est mené par Julien. Il est sur un champ de bataille ; relisons par exemple ce qu’il fait après avoir touché la main de Mme de Rênal lors d’une soirée estivale :

Ses regards, le lendemain, quand il revit Mme de Rênal, étaient singuliers ; il l’observait comme un ennemi avec lequel il va falloir se battre. Ces regards, si différents de ceux de la veille, firent perdre la tête à Mme de Rênal : elle avait été bonne pour lui, et il paraissait fâché. Elle ne pouvait détacher ses regards des siens.

La référence militaire n’est donc jamais loin :

Mon Dieu ! être heureux, être aimé, n’est-ce que ça? Telle fut la première pensée de Julien, en rentrant dans sa chambre. (…) Comme le soldat qui revient de la parade, Julien fut attentivement occupé à repasser tous les détails de sa conduite.

Ces deux histoires constituent l’un des aspects essentiels du roman ; le romantisme et la psychologie du roman m’avaient d’ailleurs faire forte impression lors de ma seconde lecture à 20 ans. Si ces relations sont synonymes de défi pour Julien dans les deux cas (c’est une façon de s’attaquer à la société), elles sont très différentes. Au moment de mourir, Julien comprendra que Mme de Rênal aura été son grand amour alors que Mathilde l’ennuie.

  • la description de la société sous la Restauration.

Que ce soit Julien qui comprend que pour progresser dans cette société figée, il faut faire preuve d’hypocrisie, ou encore Mathilde qui puise ses références dans d’autres siècles, le tableau qui est peint de cette époque n’est pas des plus exaltants pour ces jeunes gens. Voilà comment l’auteur décrit Monsieur de Rênal puis la ville de Verrières au début du roman…

On sent enfin que le talent de cet homme-là se borne à se faire payer bien exactement ce qu’on lui doit, et à payer lui-même le plus tard possible quand il doit. (…)

Voilà le grand mot qui décide de tout à Verrières : RAPPORTER DU REVENU. A lui seul il représente la pensée habituelle de plus des trois quarts des habitants.

ou encore la façon dont un comte résumé les salons et bals parisiens :

Je suis ici à cause de mon nom. Mais on hait la pensée dans vos salons. Il faut qu’elle ne s’élève pas au-dessus de la pointe d’un couplet de vaudeville : alors on la récompense. Mais l’homme qui pense, s’il a de l’énergie et de la nouveauté dans ses saillies, vous l’appelez cynique. (…) C’est que votre société vieillie prise avant tout les convenances…

je vous conseille donc au final de :

X l’acheter chez votre libraire 

X l’emprunter dans votre bibliothèque

lire autre chose

Le Rouge et le Noir, de Stendhal. Le livre de poche, 2015. 576 pages.

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5 réflexions sur “Stendhal – Le Rouge et le Noir

  1. J’ai relu ce grand classique l’été dernier me semble-t-il. Oui il est toujours aussi agréable à lire et a beaucoup mieux vieilli que bien d’autres œuvres au programme des lycéens. On peut rajouter aux raisons de lire Stendahl, la critique féroce contre l’institution religieuse. Cela m’a frappée cette fois.

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  2. Tout Stendhal mérite d’être lu et relu maintes fois mais à mon avis son chef d’oeuvre n’est ni Le Rouge et le Noir ni La Chartreuse de Parme mais Lucien Leuwen: son grand roman inachevé.

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